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Focus Auto : Quelles priorités pour les acteurs de la filière automobile face à l’onde de choc du conflit russo-ukrainien ?

Aux défis que représentent les nouvelles normes environnementales, les difficultés d’approvisionnement, les pénuries de main-d'œuvre ou encore l’inflation des prix des matières premières, s’ajoute aujourd’hui une nouvelle crise. Le conflit en Ukraine – qui représente tout d’abord une terrible souffrance humaine – amplifie également les perturbations qui touchent l’ensemble de la filière.

La plupart des équipementiers ont annoncé l'arrêt des exportations vers la Russie ainsi que des importations de véhicules en provenance de Russie. Les investissements sont également suspendus. L’onde de choc dépasse très clairement les frontières des pays concernés. En particulier, les impacts sont conséquents sur la chaîne d’approvisionnement.

L’équipe Automobile d’AlixPartners vous propose, dans les semaines à venir, une série d’analyses sur les points cruciaux à prendre en compte et quelques pistes d’actions :

  1. Réagir aux pénuries et inflation des matières premières
  2. Revoir la chaîne d’approvisionnement des câblages
  3. Evaluer l’impact sur la transition électrique

Premier volet de la série :

Réagir aux pénuries et inflation des matières premières 

Fait notable, les matières premières continuent de flamber, la crise alimentant les tensions sur ces marchés.

La Russie pèse pour un montant significatif dans l’approvisionnement mondial de matières premières notamment l’aluminium (~5% de la production primaire mondiale), du palladium (~40%), du platine (~15%) du nickel (~10%) et du cuivre (~10%), incontournables dans l’industrie automobile[i]. A noter :

  • Pour le palladium et le platine, utilisées pour les pots d'échappement : des solutions sont possibles pour optimiser les quantités de matières premières utilisées (substitutions par d’autres métaux). 

  • Pour le nickel, traditionnellement utilisé comme élément d'alliage dans la production d'acier, il est par ailleurs de plus en plus demandé sur le marché en forte croissance des voitures électriques, car il s'agit d'une matière première importante pour les batteries de ces dernières.

L’Ukraine, quant à elle, est le premier exportateur mondial de néon (~ 80%), utilisé pour la fabrication de semi-conducteurs et les systèmes d’éclairage. Les fabricants de semi-conducteurs ont déjà tiré les leçons du conflit ukrainien de 2014 et ont réduit leur dépendance :

  • Pour le néon, au-delà de la constitution d'un stock de sécurité et d’un changement de fournisseur (non ukrainien), des solutions sont également possibles pour en réduire la consommation au travers de l’amélioration des processus de fabrication.

En revanche, si le conflit entre l'Ukraine et la Russie devait se prolonger, il pourrait en résulter des goulots d'étranglement significatifs dans l'approvisionnement en néon et donc une nouvelle crise dans la production mondiale de semi-conducteurs. 

Les pénuries et envolées des prix des matières premières auront des répercussions sur l’ensemble des acteurs de la filière à commencer par les fournisseurs et équipementiers dont les marges s’érodent. Il s'agit maintenant de surveiller d’encore plus près la capacité de livraison et le niveau des stocks des fabricants. 

Les entreprises qui se préoccupent d'ores et déjà des impacts susmentionnés doivent également s’interroger sur les questions de financement : même si l'exportation des matériaux n'est pas encore sanctionnée, le paiement des matières premières pourrait s'avérer difficile (sanctions du système financier russe, fluctuations des taux de change).

Focus sur les actions prioritaires

  1. Evaluer de façon pragmatique les tensions de la chaîne d’approvisionnement en scrutant les matières premières en risque ;
  2. Contrôler les pénuries de matières premières spécifiques à la situation des acteurs ;
  3. Mettre en place un contrôle accru et holistique des marges : gérer et négocier au mieux les hausses des coûts reçues par les fournisseurs et les répercuter sur les prix de vente aux clients ;
  4. A plus long terme, évaluer la résilience de la chaîne d’approvisionnement et mettre en place des actions correctives nécessaires : relocalisation des achats par exemple.

Dans les prochains Focus Auto :

  1. Tension sur la chaîne d’approvisionnement des câblages
  2. Quels impacts sur la transition électrique ?
     

[i] Source: Photonics Online, UN COMTRADE, ITC statistics (Product: 854430), WIRED UK, Expert Market Research

   

Tags

auto, industrial transformation, disruption, france
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